Genre

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Contrecoups

Nic Diament

Texte édité par Marie Lallouet

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Elles sont trois. Cécile, la mère, généraliste, vaillante, engagée. Parfaite, probablement. Zoé, sa fille aînée, discrète, attentive, pacifique. Émilie, la cadette, brillante, belle et coléreuse. Jadis il y eut un divorce âcre mais c’est oublié, n’en parlons plus.
Eau qui dort, le présent sans histoire des trois femmes va pourtant se troubler. Comme souvent, c’est Émilie qui lancera le premier caillou et l’inimaginable tempête qu’il déchaîne remet soudain en jeu tout ce que Cécile croyait acquis. Un roman à trois voix plus désaccordées que prévu.

Chartiste, franco-danoise, Nic Diament a exercé le métier de bibliothécaire notamment à la BPI du centre Pompidou et à la direction de La Joie par les livres, futur Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF).
Elle a publié un
Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse (École des loisirs, Paris, 1993) qui fait autorité.
Son premier roman,
Un seul être, a paru en 2020 chez le même éditeur. L’auscultation des présents sereins qui
déraillent va devenir sa spécialité…

Papier : 21,90 € 

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Dix d’épées

Dominique Picard

Texte édité par Jean Michel Ollé

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Justine ne parle pas, elle court. Dans le petit village où elle a échoué avec Christian, tout le monde sait cela, et s’en accommode plus ou moins, c’est selon. D’ailleurs, à Nauville, près de M., dans l’est de la France, du moins on le devine, la vie du village s’est un peu fracassée, une histoire d’association et de politique locale. Alors on ne parle plus trop non plus.
Il faudra une mort brutale et inattendue, comme le prédit l’arcane Dix d’épées du tarot, pour que les bouches se rouvrent, à l’initiative d’un localier intrigué qui trouvait que « le village ne se réveillait pas de l’hiver comme d’habitude ».
Un texte étrange, entre document et fiction mais ni l’un ni l’autre, tout en silences, associations, retours en arrière, la petite musique d’une basse continue qui nous dit la solitude, la difficulté à communiquer : un texte écrit comme on pense quand on court.

Dominique Picard est une mathématicienne française spécialiste de statistique mathématique.

Papier : 16,90 € 

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D’Est en Est

Joëlle Lasserre

Texte édité par Evelyn Apaire van Gelder

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Michel Serres disait souvent qu’au fond, on n’écrit que sur sa famille. C’est vrai pour Joëlle Lasserre, qui, il y a quelques années, a commencé à s’intéresser à l’histoire des siens. Et voici qu’au hasard de ses recherches, elle apprend qu’un de ses grands-oncles a fait le travail et décrit l’étrange aventure qui vit une famille de juifs alsaciens s’installer aux Philippines à la fin du dix-neuvième siècle.

« Cette histoire de l’ascension d’une famille pauvre à une plus que confortable bourgeoisie qui a, crapulerie mise à part, quelque chose d’un roman picaresque, est vraie de bout en bout et révélatrice de ce que peut l’alliance de la nécessité, de l’audace et de la ténacité.», dit-elle.

C’est vrai qu’il y a du Lazarillo de Tormes chez Raphaël et Charles, les fondateurs de la geste des Lévy-Hermanos, mais on pense souvent aux Valeureux d’Albert Cohen.

Joëlle Lasserre est interprète de conférence. Née à Paris, elle a vécu pour des raisons d’études, de travail et de vie privée, dans différents pays avant de revenir Paris. Dans chacun de ces pays elle a planté puis arraché des racines, ce  qui peut rappeler certains de ses personnages.

Papier : 21,90 € 

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L’enfant du cinquante-sept

Hélène Bruntz

Texte édité par Jean Michel Ollé

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De son enfance, Hélène Bruntz ne gardait que des souvenirs de ses disparus et des albums photos dans des tiroirs fermés. L’immeuble où elle avait grandi avait été rasé depuis longtemps, il n’en subsistait qu’une adresse, le cinquante-sept de la rue de Flandre, qui abritait désormais un jardin partagé entre des tours d’immeubles.

C’était méconnaître son imagination. Voici que sous sa plume, les photos ont pris vie et sens ; la petite fille qui n’était pas dans l’album des parents jeunes mariés a surgi sous les traits d’une gamine juive habitant l’immeuble sous l’Occupation et qui s’en échappera, un album sous le bras, après l’arrestation de ses parents.

Plus qu’un roman, ce livre est une leçon. Comment faire revivre ici-bas ceux qui sont partis ? Par la littérature, pardi.

Ce quatrième roman d’Hélène Bruntz rend hommage à son père,  pièce manquante du puzzle décrit dans Trouver l’aiguille.

Papier : 19,90 € 

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Chorale

Xavier Cucuel

Texte édité par Jean Michel Ollé

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Qui n’a jamais rêvé de chanter dans une chorale ? Quoi de plus tentant que d’apporter son petit talent pour ensemble produire de la beauté ?

Ils sont comme ils sont, huissier ou médecin, chanteuse de rue ou de gospel, psychiatre ou publiciste, ils ont des conjoints, des enfants, ou pas, mais chaque mardi, ils quittent leur costume pour venir pousser la chansonnette, sous la baguette de Jean-Philippe, prêtre et rocker.

Puis, un jour, l’une des voix disparaît, et c’est tout le groupe qui commence à dissoner.

Entre symphonie et playlist, Xavier Cucuel revisite le répertoire pop des années soixante-dix pour suivre et dire le destin de ses personnages.

À chacun sa chanson, comme dans la vie, mais c’est tellement bien quand tout finit en choral.

Documentariste, scénariste de BD et producteur, Xavier Cucuel a voulu mettre en histoire les chansons qu’il aime.

418 pages,  23,90 € 

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Voyage sans retour

Alvaro Marchetti

Texte édité par Christiane Chanliau et Jean-Michel Duval

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Si on ne croit en rien, si rien n’a de sens et si nous ne pouvons affirmer aucune valeur, tout est possible et rien n’a d’importance. Point de pour ni de contre, l’assassin n’a ni tort ni raison. On peut tisonner les crématoires comme on peut aussi se dévouer à soigner les lépreux. Malice et vertu sont hasard ou caprice.

On décidera alors de ne pas agir, ce qui revient au moins à accepter le meurtre d’autrui, sauf à déplorer harmonieusement l’imperfection des hommes.

Albert Camus

L’homme révolté

Alvaro Marchetti est né à Imola, Italie, en 1948. En Italie il travaille, très jeune, dans la métallurgie. Il vit en France depuis 1970, où il obtient une licence de théâtre à la faculté de Paris VIII Vincennes. Alvaro Marchetti a travaillé dans plusieurs théâtres et centres de culture à Paris et en France : Palais de Chaillot, Théâtre de la Ville, Centre Pompidou, Futuroscope, Le Printemps de Bourges, la Bibliothèque nationale François Mitterrand (BNF) de 1996 à 2006 comme régisseur général. Il habite aujourd’hui dans les Cévennes.

156 pages,  17,90 € 

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Jacqueline de Romilly

Les paradoxes d’une première de classe d’Athènes à Jérusalem

Dominique Frischer

Texte édité par Jean Roccia

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Tout le monde se souvient de la vieille dame digne, auréolée de sa cécité et de son habit vert et chantant les grandeurs de la civilisation grecque sur les plateaux de télévision. Un des monuments du XXe siècle finissant.

En France, on ne touche pas aux monuments. C’est dire les difficultés qu’a rencontrées Dominique Frischer en entreprenant ce portrait d’une éternelle première de classe, dans la droite ligne de ses travaux antérieurs sur ce sujet.

Témoins qui se dérobent, personnalités qui font pression, éditeur qui renonce, ce livre a failli ne jamais voir le jour tant on a lui fait comprendre qu’il fallait rester à distance respectueuse.

Pour mener son enquête, outre les recherches et les entretiens, Dominique Frischer a inclu dans son corpus les romans, publiés ou non, que Jacqueline de Romilly n’a cessé d’écrire tout au long de sa vie. Et c’est un des charmes de cet ouvrage que de mettre en écho la vie sociale et la vie rêvée, d’en mesurer les recoupements ou les écarts, sans empathie ni mise en cause.

Les réticents avaient d’ailleurs raison de se méfier car cette « biographie non autorisée » fait fi de tous les poncifs hagio-graphiques du genre : Dominique Frischer s’attache à montrer une femme assignée dès son plus jeune âge à l’excellence, dans un temps où il ne faisait pas bon être femme, et ce qu’il en coûtait de réussir sous la France de Vichy quand on avait comme elle une ascendance juive.

C’est d’ailleurs la seule morale de cet ouvrage sans jugement de valeur  mais qui permet de découvrir la personnalité secrète et complexe d’une femme connue pour son extrême discrétion sur sa vie privée, jusqu’à exiger d’être enterrée incognito…

Psycho-sociologue de formation, Dominique Frischer est l’auteure de nombreux ouvrages et films documentaires.

Papier : 24,90 € Numérique : 9,99 €

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Pour Cavaillès

Christian Houzel, Didier Nordon, Xavier-Francaire Renou, Henri Roudier, Jean-Jacques Szczeciniarz

Texte édité par Emmanuel Lesigne

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Mathématicien et philosophe, Jean Cavaillès (1903 – 1944) a compris en toute clarté que la philosophie n’est ni maîtresse ni servante des mathématiques et des sciences, mais qu’elle peut être leur amie. Elle n’a pas à s’arroger la fonction magistrale de vérifier à leur place la solidité de leurs fondements ni à contrôler ou exploiter leurs résultats pour la plus grande gloire de Dieu ou de la Cause. Elle n’a pas non plus à s’asservir aux mathématiques ou aux sciences comme sources uniques de vérité, justice ou justesse.

Une philosophie amie des sciences entretient avec elles un dialogue à bénéfice mutuel : elle s’instruit auprès d’elles et peut, en retour, procurer aux mathématiciens et scientifiques une conscience plus claire de leur propre pratique, s’ouvrant avec eux à l’histoire de cette pratique. Observer la pensée scientifique, dans son travail, ses difficultés et ses succès, et l’aider à s’observer elle-même : tâche aussi libératrice que difficile qui vise l’impérissable idéal aristotélicien de la pensée de la pensée. Voilà la haute et rayonnante ambition de Cavaillès.

C’est cet héritage que les cinq auteurs de ce livre ont voulu transmettre et commencer à faire fructifier. Et il fallait pour cela :

– libérer Cavaillès des interprétations unilatérales, souvent enjeux de pouvoir universitaire, telle celle qui en fait le héraut d’une « science sans cogito » ;

 – retrouver la pluralité de ses inspirations philosophiques. Refusant aussi bien filiation que rupture définitive, il a une lecture critique-productive de Descartes, Leibniz, Kant, Hegel, Husserl, Brunschvicg… Spinoza, explicitement évoqué par lui à propos de son engagement dans la Résistance, est une de ses références possibles quand il traite de l’auto-développement des mathématiques ;

 – respecter la diversité de ses centres d’intérêt mathématiques. Il s’intéresse, on le sait, à l’axiomatisation et à la formalisation de la théorie des ensembles, mais tout autant ou plus à son surgissement chez Dedekind et Cantor, à la construction des ensembles finis à partir des ensembles infinis, à l’hypothèse du continu, etc.

– mettre ses catégories emblématiques (paradigme et thématisation) à l’épreuve d’autres moments essentiels de l’histoire des mathématiques que celui de l’essor de la théorie des ensembles ;

– pratiquer un dialogue amical entre mathématiciens et philosophes dans des études d’«épistémographie» entrelaçant histoire fine et philosophie.

Aux lecteurs de juger si l’héritage est entre de bonnes mains.

Papier : 29,90 € 

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Les Roturiers

Stéphane Padovani

Texte édité par Jean-Michel Platier

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L’auteur de ces pages, se rappelant un célèbre tableau de Gauguin, s’est à son tour demandé : « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? ». C’est ce qu’il fait ici, à son échelle, interrogeant sa génération, ses origines familiales et sociales, son rapport à l’écriture, à la littérature, évoquant les rencontres, les événements et les lieux traversés dont il reste souvent des éclats de vie dans les yeux, de joie et d’indignation dans la gorge, car tel est le lot des roturiers. Il le fait librement, à la croisée des genres : poésie, essai, journal.

Né en 1966, Stéphane Padovani est professeur de lettres et vit depuis plus de vingt ans en Bretagne. Il est également écrivain, exblogueur, parolier, lecteur-auteur radiophonique pour l’émission « Consonances ».

Papier : 17,90 € Numérique : 9,99 €

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Continue-t-on la surveillance de K?

Werner Koch

Introduction et préface de Hanna Koch

Texte édité par Christiane Chanliau et Jean-Michel Duval

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La deuxième guerre mondiale a tellement dépassé notre entendement que nous essayons depuis de la cerner en nous appuyant sur quelques certitudes, vite devenues des poncifs : il n’y aurait pas eu de résistance en Allemagne, l’Église protestante dans son entier aurait collaboré avec le régime nazi, on ne pouvait alors qu’être victime ou bourreau…

Mais il y a des trajectoires qui viennent, et c’est heureux, bouleverser ces analyses confortables, et celle de Werner Koch en est une. Jeune pasteur, il embrasse les thèses de l’Église confessante, une scission de l’Église protestante, et, au sein d’elle, s’oppose dès le début des années trente à Hitler. Arrêté et interné en camp de concentration, il en est libéré en 1938 pour être incorporé dans l’armée allemande en 1939. Pragmatisme des nazis ou ironie de l’Histoire, l’ancien prisonnier politique est alors affecté à la surveillance des prisonniers de guerre.

Dans ce rôle, il fera preuve d’une humanité reconnue de tous. Et c’est sans doute l’étrange leçon de ce parcours exceptionnel : on peut toujours s’opposer à l’horreur, où qu’on soit.

Publié en 1982 en Allemagne, Continue-t-on la surveillance de K ?, le récit autobiographique du pasteur Koch, n’avait jamais été traduit en français, malgré l’attachement de Werner Koch à la France. C’est Hanna, une de ses filles, qui s’est attelée à ce devoir de mémoire.

Papier : 21.50 € Numérique : 9,99 €

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